Cet entretien a été enregistré le 3 avril 2025. Alex vivait alors à Montréal depuis trois mois, après cinq années passées en Nouvelle-Calédonie et une vie parisienne avant cela. Son récit intéresse parce qu'il ne commence pas à l'arrivée: il commence plusieurs mois plus tôt, quand il décide de rencontrer des Montréalais sans rien avoir à leur vendre.
Lancer une activité depuis l'autre bout du monde
Alex accompagne des entrepreneurs sur LinkedIn. Il a bâti cette pratique depuis Nouméa, avec un associé installé au Brésil et des clients répartis sur plusieurs fuseaux horaires. Ce fonctionnement lui a donné une liberté précieuse: son revenu ne dépendait pas de l'endroit où il dormait, ce qui a rendu le déplacement vers le Canada beaucoup moins risqué.
Cette configuration a aussi une limite qu'il assume: une activité menée à distance reste invisible localement. C'est précisément le travail qu'il a entrepris dès son arrivée, transformer une pratique sans ancrage en pratique reconnue dans sa nouvelle ville.
Le réseautage ressemble à un barbecue géant
On commence par poser des questions. On parle de son offre beaucoup plus tard.
L'image revient plusieurs fois dans la conversation. Dans un barbecue, personne ne distribue sa plaquette commerciale en arrivant. On s'intéresse aux autres, on revient, on devient familier. Alex a appliqué cette logique à Montréal: des dizaines de rencontres informelles, aucune sollicitation directe, et des recommandations qui ont fini par circuler toutes seules.
Ce qui surprend un Français au Canada
- Une franchise plus feutrée, où un désaccord se formule rarement de front.
- Un rapport au travail qui laisse davantage de place à la vie personnelle.
- Une place publique donnée aux Premières Nations, bien plus visible qu'il ne l'imaginait.
- Des démarches professionnelles qui varient selon la profession, parfois lourdement.
Il raconte aussi une cérémonie de la coutume kanak à laquelle il a participé en Nouvelle-Calédonie, et ce que ce souvenir a changé dans sa manière d'aborder les cultures autochtones ici. Un parcours d'expatriation se construit souvent par couches, chaque pays laissant quelque chose dans le suivant.
Le projet du couple fait partie du projet d'affaires
Sa compagne est infirmière formée en France. La reconnaissance de son diplôme a occupé une bonne partie des premiers mois, avec ses propres délais et ses propres démarches. C'est un point que nous voyons dans presque tous les dossiers que nous accompagnons: la viabilité d'une installation dépend des deux trajectoires professionnelles, pas seulement de celle qui porte le projet d'entreprise.
Les priorités quotidiennes transmises par son mentor
Alex partage une discipline simple apprise d'un mentor: un petit nombre d'actions tenues chaque jour, choisies pour leur effet cumulé plutôt que pour leur urgence apparente. Prospection, contenu, entretien du réseau, apprentissage, et un temps réservé à la vie hors travail. Rien de spectaculaire, mais une régularité qui explique largement la vitesse de son démarrage montréalais.
Une version vidéo de cet épisode, accompagnée de quiz interactifs, est disponible sur la chaîne YouTube de Double Courage. Pour échanger avec Alex, cherchez Alexandre Thauron sur LinkedIn.
Les propos d'Alex reflètent sa situation au 3 avril 2025. Les informations pratiques citées étaient exactes en octobre 2026: vérifiez toujours auprès de l'organisme concerné avant d'engager une démarche.



